Un itinéraire d'Amiens aux Cévennes en motocyclette classique

par Gigi

 

   Comme chaque année, je partirai en vacances par le chemin des écoliers et traverserai la France dans sa longueur avec ma vieille BSA Scrambler qui est la machine la plus sympa qui se puisse faire pour cet usage (quoiqu'une Victor avec une selle plus moelleuse...)*.

 

 

Je quitte Amiens ce 16 juillet tôt le matin  sous un  ciel bas. A peine sorti de la ville qu’il commence à bruinocher, mais pluie du matin n'effraie pas le pèlerin, et à Montdidier 50 kilomètres plus loin, ça s'arrête. Estrées St Denis, la route est sèche et ça se lève progressivement. Plein d'essence après 125 kilomètres: 3,90 litres, ça nous fait du 3,20 litres aux 100...no comments. Entre Melun et Meaux, sous le grand soleil, la route est belle et rigolote : entourée de friches et de buissons, elle est comme reprisée, avec des pièces rouges rapportées sur un fonds gris ardoise. Il est maintenant 13 heures et il fait très beau à Malesherbes, où je me suis arrêté pour déjeuner après 220 kilomètres. Peu auparavant, j'ai traversé Yèvres le Châtel, et ses impressionnantes ruines d'un château fort et  d'une grande et belle église gothique. Je rattrape les bords de Loire par Nibelle et Chatenoy et refais le plein
à St Père sur Loire: 5,5 l pour 175 kilomètres, soit 3,15: moins cher, ça n'existe pas.

 

Je traverse la ligne mythique de la Loire, il est maintenant 15 heures et il fait de plus en plus chaud à cette terrasse de Sully sur Loire, face au château. Je rencontre un héros, monté sur un 3800 équipé modèle exode,  il est parti d'Étampes ce matin et va à Besançon par le chemin des écoliers, on discute, il possède une vieille 500 Honda four, mais a pris le Solex pour le plaisir... Je le ferai un jour, c'est promis, mais pas seul et je cherche des acolytes pour un trip Solex.

 

Je reprends la route des levées de la Loire et arrive à La Charité, jolie ville serrée autour de son abbaye qui domine le fleuve, et bons restaurants. Il est 17 heures 15, ma première journée s'arrêtera là, avec 400 kilomètres dans la boite. Après épluchage des cartes de restaurants, je me décide pour le Relais de la Poste où j'avais dîné il y a quelques années, c'est la carte la plus intéressante, et le seul reproche est qu'ils ne servent pas  le Sancerre au verre. Cette fois je suis seul dans la salle, allez-y avant que ça ne ferme **, et La Charité est un bel endroit, bien calme depuis que la RN 7 est déviée. Quitté La Charité après une bonne nuit, il fait frais, le soleil est timide ce matin, la BSA enroule dans les vertes collines bourbonnaises : La Guerche, Sancoins, Hérisson. Arrêt à Saint Caprais, où de sympathiques amateurs exposent de vieilles machines, la plupart dans leur jus. Essence à Hérisson, 200 kilomètres, 6,60 litres... rien ne change. La descente continue, le temps est incertain, je passe Montluçon, traverse le parc des volcans, rase Clermont-Ferrand par le Nord, puis oblique au Sud-est, Pont du Château, puis la plaine du Forez, le Livradois et ses magnifiques mais austères paysages, je passe Billom, puis Cunlhat, ça monte fort. Essence à St Germain l'Herm, 204 km et 6,7 litres: consommation stable, pourtant je ne suis jamais en palier. La route dégringole vers Champagnac le Vieux et enfin Brioude où je m'arrêterai ce soir : 360 kilomètres dont 150 en montagne et le reste en collines et départementales viroleuses. Tout va bien, demain matin je ferai l'appoint en huile et contrôlerai les culbuteurs et l'allumage, il me semble que ça a un peu bougé. Je dîne tranquille dans une petite gargote au pied de la cathédrale St Junien, vue imprenable sur les jeux de lumière du soleil couchant qui incendie le grès rosé des pierres et plateau de fromages extraordinaire.

 

Réglage et appoint d'huile au petit matin puis café en terrasse à Brioude ensoleillée, ce qui ne sera pas le cas de la traversée de la Haute-Loire : Lavoute-Chilhac, Langeac sont avalées dans la fraîcheur et sous un ciel tourmenté. Je ne traîne pas. Le soleil revient en entrant en Lozère : un p'tit café à Châteauneuf de Randon, endormie sur son piton, Bagnols les Bains, Lanuéjols, Mende... essence à Mende, après 198 kilomètres, 5,5 litres???

 

Réglage et appoint d'huile au petit matin puis café en terrasse à Brioude ensoleillée, ce qui ne sera pas le cas de la traversée de la Haute-Loire : Lavoute-Chilhac, Langeac sont avalées dans la fraîcheur et sous un ciel tourmenté. Je ne traîne pas. Le soleil revient en entrant en Lozère : un p'tit café à Châteauneuf de Randon, endormie sur son piton, Bagnols les Bains, Lanuéjols, Mende... essence à Mende, après 198 kilomètres, 5,5 litres???

 

 

La consommation est descendue au-dessous de 3 litres, 2,75 litres exactement. Je repars, mais pas le compteur dont le câble me lâche juste après Mende... je rencontre les premières affiches du Parc national des Cévennes, cette fois j'y suis, un arrêt à Florac pour fêter ça (Que le Perrier coule à flots !) je grimpe la corniche des Cévennes et redégringole illico de l'autre côté pour m'engouffrer dans la vallée du Gardon de St Jean, où je m' arrêterai pour la nuit, à Sainte-Croix-Vallée-Française, parce que j'aime bien ce village, où, de plus, il y a un excellent restaurant, L'Oultre.

 

 Petit déjeuner au Café du Globe, en terrasse, puis je remonte jusqu'à la corniche, St Roman de Tousque, la route file de l'autre côté et plonge vers Les Plantiers, puis grimpe le col de l'Asclié, qui est le plus beau point de vue qui soit sur la Corniche des Cévennes, enfin le Col de la Tribale, où la route descend droit sur la vallée de l'Hérault. Je pique à gauche et j'arrive à St Martial où mes amis m'attendent pour le déjeuner. La BSA a parcouru 1027 kilomètres en 2 jours et demi, et arrive en pleine forme.

 

 

Vive les classiques !

 

*Je lui ai trouvé depuis une grande sœur, un peu rude, un B50 SS....

** Ne le cherchez plus, il est fermé, hélas....

 

Mise en page : Nobody Else.

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